Le secteur de la microfinance au Togo poursuit sa progression et s’affirme comme un levier majeur de l’inclusion financière. Le 10 mars, devant les députés réunis à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, a présenté l’état des lieux du secteur lors de l’examen d’un projet de loi visant à réformer le cadre réglementaire des institutions de microfinance.
Selon les données communiquées, plus de 4,6 millions de personnes utilisent aujourd’hui les services offerts par ces institutions, regroupées au sein de plus de 415 000 groupements à travers le pays. À la fin de l’année 2025, l’encours des dépôts est estimé à 447,5 milliards de francs CFA, tandis que les crédits accordés atteignent 392,1 milliards de francs CFA, pour un total d’actifs évalué à 578,6 milliards de francs CFA.
Face à l’essor du secteur, les autorités souhaitent adapter le cadre juridique afin de corriger certaines insuffisances constatées, notamment en matière de gouvernance, de protection des clients et de gestion interne. Dans cette perspective, une nouvelle loi uniforme adoptée en décembre 2023 par l’Union économique et monétaire ouest-africaine doit remplacer celle en vigueur depuis 2011 et renforcer les règles de supervision et de transparence.
Le nouveau dispositif prévoit notamment l’obligation pour les institutions de microfinance d’adhérer à un fonds de garantie destiné à protéger les déposants en cas de défaillance. Il impose également la mise en place de mécanismes de contrôle interne et de collaboration avec les autorités compétentes, dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Les États membres et la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest sont appelés à accompagner les institutions durant la phase de transition vers ces nouvelles exigences.








