Au Togo, la frontière entre le journaliste et le créateur de contenu devient de plus en plus floue. Les deux produisent de l’information, racontent des faits et attirent un public. Pourtant, une question revient souvent : qui gagne réellement le plus aujourd’hui sur le marché publicitaire ? En observant la réalité actuelle, le doute n’est plus permis pour beaucoup.
Depuis quelques années, les créateurs de contenu prennent une place importante dans l’espace médiatique. Sur des plateformes comme TikTok ou Facebook, ils rassemblent des milliers, parfois des millions d’abonnés. Cette forte audience attire naturellement les entreprises qui cherchent à promouvoir leurs produits et leurs services.
Face à cette évolution, les journalistes professionnels, pourtant reconnus par l’État et souvent bien formés, peinent à tirer leur épingle du jeu. Les médias traditionnels dépendent fortement de la publicité pour survivre. Mais aujourd’hui, ces revenus diminuent, car les annonceurs préfèrent investir là où l’impact est immédiat et visible.
La raison est simple : les créateurs de contenu ont une proximité directe avec leur public. Ils parlent un langage simple, utilisent des formats courts et captivent facilement l’attention. Pour une entreprise, collaborer avec un créateur devient un moyen rapide de toucher une large audience et de faire connaître ses produits.
Cependant, cette situation crée un déséquilibre. Un créateur de contenu, souvent sans structure formelle ni charges fiscales importantes, peut gagner plus qu’un journaliste qui gère une entreprise de presse, paie des taxes et respecte des règles professionnelles. Cela pose un véritable problème d’équité dans le secteur.
Aujourd’hui, lors de certains événements, on remarque une tendance claire : plus de créateurs de contenu sont invités que de journalistes. Les organisateurs misent sur leur visibilité en ligne pour atteindre leurs objectifs. Résultat, le rôle du journaliste sur le terrain semble perdre de sa valeur aux yeux de certains promoteurs.
Faut-il accepter cette situation sans réagir ? La réponse est non. La presse togolaise ne doit pas disparaître. Le métier de journaliste reste essentiel pour informer avec rigueur et professionnalisme. Mais il devient urgent de s’adapter aux nouvelles réalités du numérique.
Les médias doivent désormais investir pleinement les réseaux sociaux. Une radio peut diffuser ses émissions en direct sur internet, un journal peut produire des vidéos courtes et dynamiques. En combinant professionnalisme et digitalisation, les journalistes peuvent reconquérir leur audience et redevenir attractifs pour les annonceurs. L’avenir des médias dépendra de leur capacité à évoluer avec leur temps.
Jeremy Ahossou








