Une simple égratignure sur une voiture a bouleversé toute la vie d’un jeune garçon au Nigeria. À l’âge de 13 ans, alors qu’il aidait son père à vendre de la canne à sucre dans les rues de Maiduguri, dans l’État de Borno, il a accidentellement cassé le phare d’un véhicule stationné au bord de la route. Terrifié, l’adolescent a pourtant décidé de rester sur place pour attendre le propriétaire. Mais lorsque celui-ci est arrivé, il l’a violemment agressé avant de l’emmener au commissariat.
Le propriétaire du véhicule s’est révélé être un policier. Le garçon a alors été placé en cellule sur ordre de l’agent. Après plusieurs semaines sans qu’aucune procédure ne soit engagée, il a été conduit au tribunal avec d’autres détenus. Le tribunal ne siégeant pas ce jour-là, les policiers ont décidé de le maintenir en détention provisoire.
C’est ainsi que l’enfant de 13 ans s’est retrouvé à la prison de Maiduguri, sans véritable jugement ni décision judiciaire connue.Les années se sont ensuite transformées en décennies. À 15 ans, il a été transféré à Bauchi, avant de connaître plusieurs autres établissements pénitentiaires à travers le Nigeria, notamment dans l’Est et l’Ouest du pays. Il travaillait notamment à la blanchisserie et était progressivement devenu une figure connue des prisons qu’il fréquentait. À force de transferts successifs, il a fini par être surnommé « Baba de la prison ».
Pendant 47 ans, il a vécu derrière les barreaux, passant de l’adolescence à la vieillesse sans retrouver sa liberté.Son histoire a finalement été découverte alors qu’il avait 60 ans. Lors d’une visite dans une prison, un gouverneur l’a remarqué et lui a demandé son âge et la raison de sa détention. En larmes, l’homme lui a répondu qu’il était entré en prison à seulement 13 ans. Cette révélation a provoqué l’émotion des détenus et des responsables présents.
Après avoir entendu son récit et appris qu’il avait passé près d’un demi-siècle en détention, le gouverneur aurait décidé de s’intéresser à son cas. Une histoire qui soulève de nombreuses interrogations sur les conditions de détention, l’accès à la justice et le sort des personnes maintenues pendant des années sans véritable jugement.











