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Venezuela : Les colectivos, entre pouvoir et peur dans un pays en crise


Au Venezuela, les colectivos — milices chavistes armées enracinées dans les quartiers populaires — se retrouvent au centre de la scène politique depuis la capture de Nicolás Maduro par des forces américaines début janvier 2026. Dans la capitale Caracas, ces groupes circulent armés à moto, dressent des barrages, fouillent des véhicules et procèdent à des arrestations, contribuant à instaurer un climat d’appréhension où les célébrations publiques sont rares et la peur omniprésente.


L’origine des colectivos remonte à des mouvements d’extrême gauche inspirés par la révolution cubaine des années 1960, transformés, après les soulèvements populaires de 1989, en organisations communautaires structurées dans les quartiers les plus défavorisés. Avec l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez en 1999, ces groupes ont été intégrés progressivement dans la dynamique révolutionnaire, recevant armes et soutien officiels pour défendre le régime, notamment lors du coup d’État raté de 2002.


Au fil des années, leur rôle s’est consolidé : lors de grandes mobilisations sociales en 2014, 2017 et 2024, les colectivos ont souvent épaulé les forces de l’ordre pour disperser les opposants, armés de mitraillettes et parfois célébrés par l’ex-président Maduro comme des « acteurs de la paix ». Cependant, pour leurs adversaires politiques, ces milices ne sont pas seulement des défenseurs du chavisme mais aussi des groupes paramilitaires impliqués dans des violences, des intimidations et des activités illégales dans certaines zones urbaines

Outre leur présence armée, les colectivos ont aussi assumé des fonctions sociales dans leurs communautés, gérant des cliniques populaires, des programmes éducatifs et des aides alimentaires — une forme d’autogestion vue par certains comme un service utile dans un État en crise. Néanmoins, l’opposition et des organisations internationales dénoncent leur transformation en outil de répression systémique, souvent toléré — voire encouragé — par les autorités en place.

Alors que le Venezuela navigue une phase incertaine après l’arrestation de Maduro et la montée en puissance de la présidente par intérim Delcy Rodríguez, l’avenir des colectivos reste flou. Certains observateurs craignent qu’ils se dressent contre toute remise en question du pouvoir établi, faisant osciller leur rôle entre celui de protecteurs communautaires et celui de bras armé d’un appareil sécuritaire contesté, capable d’influencer durablement la vie politique et sociale du pays

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