Les assemblées générales (AG) organisées par la Faîtière des Unités Coopératives d’Épargne et de Crédit (FUCEC Togo), notamment à son siège d’Attikoumé, suscitent des interrogations sur leur organisation. Si ces rencontres constituent des occasions importantes pour informer les membres sur la vie et le fonctionnement de l’institution, leur tenue en pleine semaine soulève un problème : la suspension des activités au détriment des clients qui ont besoin d’accéder aux services financiers.
En effet, lors de ces journées consacrées aux assemblées générales, les opérations de caisse sont parfois interrompues pendant plusieurs heures, voire toute la journée. Une situation qui met en difficulté certains clients, notamment les commerçants et les petits entrepreneurs dont les activités quotidiennes dépendent des transactions financières. Pour ces personnes, une journée sans accès à leur argent peut entraîner des retards, des difficultés de paiement et des perturbations dans leurs activités.
La récente assemblée générale organisée ce lundi 2 novembre 2026 illustre parfaitement cette situation. Dès les premières heures de la matinée, les différentes caisses étaient fermées. Jusqu’à 9h20, aucune caisse ne fonctionnait. Pourtant, de nombreux clients étaient déjà présents dans la salle d’attente et jusque dans les espaces extérieurs du siège. Ces personnes n’étaient pas venues assister à l’assemblée générale, mais simplement effectuer leurs opérations financières. Elles se sont ainsi retrouvées contraintes d’attendre, sans pouvoir accéder à leurs propres fonds, en raison de la tenue de cette rencontre.
Une question mérite donc d’être posée : était-il réellement indispensable de suspendre toutes les opérations de caisse pour permettre la tenue de cette assemblée générale ? Si la participation du personnel était nécessaire, ne pouvait-on pas envisager une organisation permettant à certaines caissières de continuer à servir les clients ? Tous les membres ne sont pas forcément disponibles pour prendre part à ces rencontres, notamment ceux qui doivent consacrer leur journée à leurs activités professionnelles.
Le choix du lundi interpelle davantage, surtout lorsqu’on sait que le début du mois représente une période importante pour de nombreux usagers. Certains viennent retirer leurs salaires, régler leurs dettes ou effectuer des opérations indispensables à la poursuite de leurs activités. Pour les clients qui perçoivent leurs revenus à travers la FUCEC Togo, l’impossibilité d’accéder à leur argent peut rapidement devenir une véritable contrainte. Une assemblée générale ne devrait donc pas se tenir au prix d’une interruption totale du service aux usagers.
Il faut reconnaître que la FUCEC Togo occupe une place importante dans le paysage de la microfinance au Togo. Grâce à son accessibilité et aux facilités offertes pour l’ouverture d’un compte, elle permet à une large partie de la population d’accéder aux services financiers. Mais cette proximité avec les populations doit également se traduire par une continuité du service, particulièrement pendant les journées ouvrables. Les clients ne devraient pas avoir à subir les conséquences d’une organisation interne qui pourrait être mieux adaptée à leurs besoins.
Il revient donc aux premiers responsables de la FUCEC Togo de repenser le calendrier et les modalités d’organisation de ces assemblées générales. Des rencontres en dehors des heures de forte affluence, une programmation en fin de semaine ou le maintien d’un service minimum pourraient constituer des pistes de solution. L’information et la participation des membres sont certes essentielles à la vie d’une institution, mais la satisfaction des clients doit également rester une priorité. Une institution financière accessible doit aussi être une institution disponible lorsque ses usagers ont besoin de ses services.










